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mardi 7 décembre 2010


Test de Go Launcher : Un nouvel home alternatif sur Android

Un nouveau home découvert grâce au nouvel ajout de l’Android Market, et je dois dire que ses avantages m’ont assez surpris.

J’ai eu l’occasion de le prendre en main depuis hier après-midi, et même s’il n’est pas encore très avancé comme les autres alternatives existantes, il y a de quoi y prêter attention.

Il se présente sous la forme d’un home alternatif simple et reprend des idées aux interfaces de MIUI & TouchWizz, tout en gardant l’aspect propre d’Android.

On ajoute à ça certaines de riches fonctionnalités des homes déjà existants, et on obtient quelque chose de correct, ergonomique et en plus gratuit.


Si vous utilisez déjà un home alternatif ou encore celui par défaut, et que vous ne connaissiez pas Home Switcher, vous serez ravi de le découvrir (version standard et FroYo). Il permet de changer de home en un simple claquement de doigts.

Vous pourrez aussi découvrir EasyHome qui permet de créer des raccourcis vers vos homes préférées (vidéo ici). Faites toutefois attention avant de le choisir comme home par défaut, car de nombreux utilisateurs se plaignent de bugs et d’écran noir sur le home par défaut, ce qui peut rendre le téléphone inutilisable.

Voici ce que j’ai retenu de cette prise en main :

L’interface simpliste apporte un grain appréciable au design, à l’aide des touches présentes au bas de l’écran on accède rapidement aux options voulues, en plus d’être configurables sur 15 emplacements différents.


Un appui sur la touche menu pour afficher l’ensemble des options actuelles : ajouter un élément au bureau, choisir un fond d’écran, effectuer une recherche, afficher le menu des applications, les préférences du home, ainsi que les préférences natives du téléphones.

L’appuie long sur le bureau provoque l’affichage des options de raccourcis, d’ajout de widgets, de création de dossiers, de modifications de fond d’écrans, mais aussi d’un accès aux paramètres du home.


Les paramètres du home se divisent en cinq parties bien distinctes :

  1. Les paramètres d’affichage
  2. Les paramètres du dock
  3. Les paramètres du menu d’applications
  4. Les paramètres de manipulations
  5. Les paramètres avancés

Depuis le bureau, vous avez un accès à beaucoup de possibilités, au pied du home, que ce soit dans un sens ou dans l’autre, vous pouvez à tout moment faire défiler les accès rapides. Au total, ils se comptent au nombre de 15 raccourcis.


La modification est bien entendu réalisable, d’un appui long sur icone déjà créée. Vous avez la possibilité d’en changer l’application cible et son icône (unique skin inclus dans l’application. Cependant les modifications avec BetterCut doivent fonctionner).


L’autre petit plus est la configuration du nombre de grille de raccourcis dans le dock. Vous pouvez en avoir 5, 10 ou 15, et même en inverser les style ou la rendre presque invisible.


Déplacez, renommez, retirez ou supprimez vos applications à souhait, que ce soit depuis le bureau ou le menu d’applications.

En dehors des gestes rapides (raccourcis) disponibles également sur la page principale, il est à noter que le multi-touch est possible et vous affichera les miniatures de chacune des fenêtres présentes sur le bureau.


A retenir que le déplacement entre les fenêtres est possible, mais aussi déterminer la fenêtre par défaut en appuyant sur la partie « maison » de l’une d’entre elles.


Un appel manqué, un message non lu ou un email reçu ? Pas de problème, vous pouvez activer dans les paramètres du dock ces options pour en voir les notifications.

Un petit avantage qui peut parfois faire toute la différence, afin d’être au courant de tout ce qu’il se passe sur son mobile (ou presque) sans rien oublier.


En plus du multi-touch sur le bureau, vous pouvez également exécuter différents gestes, glisser son doigt vers le haut ou le bas ou appuyer sur le home. Ces trois manipulations auront pour effet, si vous les avez pré-configurées de lancer une action.

Cela peut être, un retour direct à la fenêtre par défaut, afficher les miniatures des fenêtres (ou les possibilités précédentes ensembles), ou bien montrer/cacher/faire descendre la barre de notifications, et même ouvrir une application ciblée.


Si vous trouvez vos icônes trop grosses, il y a un moyen d’arranger ça avec le menu d’affichage.

Le menu d’affichage se compose d’options utiles, telles que : Cacher la barre de notifications, cacher le nom des applications, choisir le quadrillage des élements sur les bureaux (4×4, 4×5 et 5×5).

Vous pouvez cacher les points d’identifications des fenêtres (qui se multiplie lorsque vous en ajoutez une dans les miniatures), ou encore améliorer l’effet de vitesse et d’élasticité.


Pour commencer avec le menu d’applications, et les applications qui y sont présentes, on y retrouve des options similaires avec la grille des applications (4×4, 4×5 et 5×5), cacher ou non leur nom.


Sauf qu’en bonus, on peut choisir de faire apparaître ou disparaître le fond d’écran et choisir le mode de rotation de gauche à droite ou en liste défilante. Par contre, on ne peut pas classer les applications par ordre alphabétique, c’est l’un des gros manque.


Noter que plus les configurations sont larges, plus les demandes en ressources sont importantes, et donc la batterie peut y jouer.

Toutes les applications peuvent être déplacées sur le bureau dans l’une des miniatures d’une fenêtre choisie. Le deuxième onglet est aussi intéressant puisqu’il montre les applications récemment ouvertes, comme une sorte de mini-raccourci pratique.


Pour finaliser ce test avec le troisième onglet de Go Launcher, il vous permettra de voir les applications qui prennent de la mémoire sur votre androphone.

A souligner que le kill de ces applications n’est pas nécessaire pour les utilisateurs d’Android Eclair (2.1) et FroYo (2.2), puisque le système gère automatiquement la mémoire allouée.


Quant aux paramètres avancés, on pourra bientôt choisir la police d’écriture (pas encore disponible), regarder la version de l’application et vérifier si aucune mise à jour n’est disponible, ainsi qu’en rétablir les paramètres par défaut.

A la suite, une petite vidéo de prise en main, qui peut être incomplète puisque j’ai aussi découvert de nouvelles options après l’avoir réalisée.


Cette application est disponible gratuitement sur l’Android Market en scannant/cliquant le code QR ci-joint depuis votre androphone.


Wifi : Comment faire peur à ses voisins

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Via geeek.org


Non, Batman n’est pas fan de Foursquare

Et en même temps, il faut le comprendre, lui qui doit absolument garder la localisation de sa Bat-cave secrète. A se demander à quoi sert Robin, si ce n’est à mettre l’homme chauve-souris dans l’embarras (non, je ne suis pas DU TOUT fan de ce personnage…)

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Google Will Launch Chrome Web Store and Chrome OS Today

Today is an important day for Google Chrome: Google will launch Chrome Web Store, a marketplace for web apps, and Chrome OS, the first browser-centric operating system. Google has uploaded two introductory videos to the YouTube channel, but they're not yet publicly available. Here are some snapshots from the videos:







Google has already announced the launch event a few days ago: "On December 7, we will host an event in San Francisco where we plan to share some exciting news about Chrome. The event will be webcast live on YouTube at: www.youtube.com/googlechrome. Mark your calendars for 10:30 a.m. PST and tune in."



Google Maps Mobile 5 révélé : 3D et mode hors-ligne mais pas pour le Nexus One !

La nouvelle version de Google Maps a été révélée : déplacements 3D (des vectoriels plutôt que des images) et mode hors-ligne ! Peu de téléphones seront compatibles avec les nouveautés y compris le Nexus One !

Andy Rubin était présent à la conférence D: Dive Into Mobile comme nous vous l’indiquions il y a déjà plusieurs jours. Après les annonces majeures d’hier : Gingerbread et le Nexus S, il semblait peu probable que Google ait encore des surprises à nous montrer. Pourtant ce fut bien le cas puisque la nouvelle version de Google Maps for Mobile 5 a été dévoilée au grand public. Andy Rubin a utilisé une nouvelle tablette Motorola qui tournera sur Honeycomb (présentation dans un prochain article) pour montrer la nouvelle application phare d’Android. En effet, elle est l’une des applications les plus téléchargées et tout le monde s’accorde pour dire qu’elle est très bien réalisée. Avec les deux principales nouveautés présentées, vous allez certainement l’apprécier d’avantage.


La première grande modification est visuelle, car ce ne sont plus de simples images qui vont être téléchargées, mais des vectoriels permettant ainsi une vision en 3D des bâtiments. Si vous ne savez pas ce que représentent des vectoriels, sachez que le format SVG les utilise. Cela consiste à utiliser des formes de bases (trait, rectangle, ellipse…) en indiquant les coordonnées de départ, d’arrivée, l’épaisseur du trait… Ayant ces données à disposition il est ainsi possible de pouvoir zoomer indéfiniment en ayant toujours une qualité optimale. Les vectoriels sont donc totalement différents des images, où la qualité se dégrade par paliers successifs de zooms.


Cette fonctionnalité ne concernera qu’une centaine de villes au lancement, qui n’ont pas été précisées. La ville montrée par Andy Rubin est New York. Pour pouvoir utiliser cette nouveauté sur un écran tactile, Google a utilisé un nouveau geste. A l’aide de deux doigts, il sera possible d’incliner et de pivoter l’angle de vue. Les gestes précédemment utilisés : déplacement par défilement et pincer-pour-zoomer seront toujours présents.

Ces nouvelles données auront logiquement une taille moins importante que les images. Elles seront stockées sur le téléphone, laissant ainsi apparaître la deuxième nouveauté majeure : la visualisation des cartes en mode hors-ligne. Plus précisément Maps va conserver les lieux où vous allez/que vous cherchez le plus fréquemment. Si vous utilisez Navigation (l’outil de navigation par gps), l’application sera alors en mesure de vous rediriger si vous êtes en mode hors-ligne et que vous ne choisissez pas la route initialement indiquée. Cependant la modification d’un itinéraire nécessitera toujours une connexion internet.


Peu de téléphones seront compatibles avec toutes les fonctionnalités :

  • Samsung Galaxy S
  • Motorola Droid/Milestone
  • Motorola Droid X
  • Motorola Droid 2/Milestone 2
  • MotorolaDroid Incredible
  • HTC Evo
  • Google Nexus S
  • T-Mobile G2/HTC Desire Z

A noter l’absence du Nexus One ! La question de la « mise au placard » par Google pourrait se poser. En réalité tous les téléphones sous Android 1.6 (Donut) et supérieurs seront compatibles mais ne pourront pas accéder à toutes les fonctionnalités. En effet, deux éléments seront nécessaires : la gestion de la 3D et un « multitouch précis ». C’est à cause du deuxième point que le Nexus One ne pourra pas être compatible. HTC est connu pour faire des écrans tactiles multitouch en retrait par rapport à ses concurrents et dès sa sortie plusieurs tests montraient cette faiblesse sur le premier téléphone de Google.

Pour autant les nouveaux téléphones de la marque HTC Desire Z (et certainement HD) n’auront pas ce problème. Cela expliquerait-il pourquoi Google a préféré Samsung pour le Nexus S ?

La mise à jour est prévue dans « les jours à venir » selon Andy Rubin. Cette déclaration est à mettre en parallèle avec « dans les prochaines semaines » d’Eric Schmidt lors du Web 2.0 Summit qui signifiait en réalité 3 semaines.

Images par Engadget.



Par amour, il arrête la clope à 107 ans

Il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Cette décision rassurera peut-être ceux et celles qui se promettent inlassablement d'arrêter un jour.

Toutes les raisons sont bonnes pour en finir (et continuer d'ailleurs) avec la cigarette, notamment celle de l'amour. Ce choix du coeur a motivé Johannes Heesters a décidé d'arrêter à l'âge de...107 ans.

"Je l'ai fait par amour, pour ma magnifique femme", a expliqué l'acteur au magazine allemand Bunte. "Je devrais rester le plus longtemps possible auprès d'elle", ajoute-t-il, précisant qu'il a arrêté de fumer il y a trois semaines déjà.


Heesters, qui a fêté dimanche ses 107 ans, est marié depuis 1992 à l'actrice allemande Simone Rethel de...46 ans sa cadette.

L'acteur, repenti du régime nazi,, est connu en Allemagne pour ses rôles dans le film "Die Fledermaus" (La chauve-souris, 1946) et le film allemand "The Moon Is Blue" (La lune était bleue, 1953). (7sur7)

Via 7sur7.be


Pre-launch Chrome OS hands-on; analysis and screenshots

Today, December 7, Google is expected to launch its new netbook-and-tablet cloud-based operating system, Chrome OS. It's also entirely possible that Google will simply show off the much-hyped Chrome Web Store. The event was only announced December 3, and it's extremely unlikely that Google would rush the launch of something huge and consumer-facing.

Even if Chrome OS is shown off tomorrow, it's could be a matter of weeks ormonths until you get your hands on a Chrome OS netbook (or smartbook).

That's why we've created a new gallery which showcases the new OS and walks you through all of the new features. Just so it's clear: this is Chromium OS, Chrome OS's open source brother. I've been told by a couple of Googlers that the public and private repositories aren't very different, however.


Some important bits are still missing -- most obviously Cloud Print -- and a lot of key features still remain hidden behind the about:flags barricade.

Fundamental features such as the media player and support for USB and SD card storage are still considered 'experimental'. In fact, while the browser itself is as excellent as always, most of the OS-specific bits seem to be a bit flaky.


In the gallery, I've tried to highlight bits that we haven't shown before, such as the keyboard overlays and user management. Note that the docking Gmail chat manager is back, but that Picasa integration is still ominously missing.


The coolest bit is that Chromium OS, like its browser brother, now seems to have developer and beta channels -- but it isn't functional yet.


Once you've browsed through it, you'll likely reach the same conclusion as me: Unless Google has held back a lot of non-public code, Chrome OS simply isn't ready for launch.

Tomorrow will almost certainly be a demonstration of an internal build of Chrome OS, or just the launch of the Web Store.


Chromium OS login screen













Android Map App Will Get 3D Buildings, Compass Orientation, And Offline Capabilities

The Google Map App on Android phones will soon get a major upgrade which will allow it to render map images a lot faster, incorporate 3D buildings, offer offline caching, and use the compass to orient the map. In a talk this evening at the D Mobile conference, Android chief Andy Rubin gave a sneak peak of the new app.

At the heart of the new app is a dynamic map rendering engine which draws maps as you use them, and offers smoother transitions when zooming in and out of different levels. The dynamic rendering will also make it possible to start to show 3D buildings as you zoom into the street-level view. The touch screen will allow you to tilt and rotate the map and buildings.

The new maps load faster because they require 100 times less data each. Instead of downloading the entire map image for each level, the app downloads meta data which describes the entire map at all different levels and then renders the appropriate sector on the fly. This will start to give Google Maps offline capabilities on mobile phones. It may be possible to cache a map of an entire city on the phone. And for people who use the turn-by-turn navigation in Google Maps, when the new app comes out it will be able to recalculate the route even without a data connection.

The Google Maps app will also use the built-in compass on Android phones to automatically flip the orientation of the map to the person holding the phone. That orientation feature will come in handy when you are coming out of a subway station in an unfamiliar stop, or exiting a building.




Gingerbread, an Evolutionary Update to Android

Google announced Android 2.3 (Gingerbread), a version that fixes many flaws and adds a lot of APIs for developers. The reference device for Android Gingerbread is Nexus S, a Samsung Galaxy S phone with a few extra features and a stock Android interface. "After December 16, Nexus S can be purchased (unlocked or with a T-Mobile service plan) online and in-store from all Best Buy and Best Buy Mobile stores in the U.S. and after December 20 at Carphone Warehouse and Best Buy retailers in the U.K.," informs Google. Nexus S will be the first phone that will run Android Gingerbread and it will soon be followed by Nexus One.


Gingerbread fixes two of the most important flaws in the previous Android versions: it finally adds a soft keyboard that supports multitouch and it's optimized for faster text input, while also implementing system-wide copy-paste that actually works. Google borrowed iPhone's copy-paste implementation, which was also available in HTC Sense.


Google tweaked the user interface, but the changes are subtle. "The user interface is refined in many ways across the system, making it easier to learn, faster to use, and more power-efficient. A simplified visual theme of colors against black brings vividness and contrast to the notification bar, menus, and other parts of the UI," explains Google.

Android 2.3 adds support for VoIP calls to SIP accounts, WebM videos and near-field communication (NFC) tags. Applications can now access the front-facing camera and the gyroscope. There's also a download management application that lists all the files downloaded from the browser, the email client and any other app that uses the API.

Compared to Froyo, Gingerbread may seem underwhelming, but that's probably because most of the apps that come with Gingerbread can already be downloaded from the Android Market and Honeycomb, the next Android release, is coming soon.




Un chrétien irakien nous ouvre son cœur, entretien avec Yacoub Souleiman

Yacoub Souleiman (1) est catholique romain. Il a fait ses études en France. Il vit maintenant en Syrie où il travaille pour une ONG qui apporte de l’aide aux chrétiens irakiens. Il a accepté de s’entretenir avec nous par téléphone sur la situation dans son pays.

Christian Bouchet : Yacoub, quel est votre rapport actuel avec l’Irak ? Comment êtes-vous informé sur ce qui s’y passe ?

Yacoub Souleiman : Quand la deuxième guerre du Golfe a éclatée, je faisais mes études dans votre pays, à Montpellier. Après obtenu mes diplômes, j’ai rejoint ma famille en Syrie où elle avait émigrée. J’ai alors trouvé un travail dans une ONG humanitaire qui soutient les chrétiens irakiens qu’ils soient en exil au Proche-Orient ou qu’ils soient resté en Irak. Je suis donc en contact quotidien avec des irakiens qui ont choisi d’émigrer et je me rends en Irak même très régulièrement, principalement dans la région de Mossoul mais aussi à Bagdad. On peux donc dire que j’ai une connaissance de la situation locale directe et de terrain.

Christian Bouchet : Quelle est la situation des chrétiens en Irak ?

democratie-1600x1200_12284161111.jpgElle n’est pas bonne, et c’est un euphémisme. Elle s’est énormément détériorée depuis la chute du Raïs Saddam Hussein et le début de l’occupation américaine. Dans l’Irak de Saddam, la constitution garantissait dans son article 3 « les droits légitimes de toutes les minorités au sein de l’unité irakienne » et dans son article 19 précisait que « tous les citoyens sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de religion, de langue, de race ou d’appartenance sociale. » Cela nous protégeait, nous assurait d’être traité exactement comme les Irakiens musulmans. De plus, le fait que le fondateur du Baath, le parti alors au pouvoir, Michel Aflak ait été un chrétien était symboliquement valorisant pour nous, comme l’était le rôle joué à l’international par un autre chrétien, Tarek Aziz.

La défaite et la chute de Saddam Hussein s’est traduite par une aggravation sans précédent de notre situation. Le Conseil intérimaire de gouvernement ne comptait aucun chrétien dans ses rangs et la nouvelle constitution du 24 octobre 2005, rédigée sous la supervision de conseiller venus de Washington, stipula dans son article 2 : « On ne peut approuver aucune loi qui soit en contradiction avec les lois de l’islam. » ce qui constituait un gigantesque recul par rapport à la constitution laïque de 1973. En clair, elle à légalisé la charia comme fondement de la législation irakienne.

N’y aurait-il eu que cela, notre situation aurait encore pu être acceptable. Mais il s’y est ajouté les enlèvements, les meurtres et les attentats, dont le carnage qui a eu lieu à la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours n’est sommes toute qu’une manifestation plus sanglante que les autres.

Et encore nous sommes une minorité importante, qui reçoit des aides des autres Églises, donc nous pouvons nous organiser, aider ceux d’entre nous qui sont les plus pauvres et les plus dans la peine. Toutes les minorités n’ont pas cette chance et d’autres souffrent encore plus que nous, comme les Mandéens qui ont quasiment disparu d’Irak.

Christian Bouchet : C’est intéressant ce que vous venez de me dire, toutes les minorités sont vraiment touchées ?

la_democratie_a4nb_130dpi.jpgOui, toutes les minorités quelle qu’elles soient. Presque chaque jour des chrétiens de diverses obédiences, des yézides, des shabaks ou des mandéens sont assassinés et des attentats terroristes comme ceux de la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours ont déjà frappé les yézides, les Turcomans et bien d’autres. D’ailleurs, la situation est telle que même ceux qui sont en Irak la majorité religieuse, à savoir les chiites, sont victimes d’attentats meurtriers dans leurs lieux de culte et de pèlerinage.

Tout cela donne une impression de chaos, mais quand on y regarde de plus près, c’est un chaos ordonné.

Christian Bouchet : À vos yeux, il y aurait donc un plan concerté ?

Oui, même si c’est plus complexe que cela. On peut dire qu’il y a deux terrorismes totalement différents qui sont l’un et l’autre instrumentalisés afin d’aboutir à un but unique.

D’un côté, il y a des réseaux wahhabites, liés à l’Arabie Saoudite et financés par les revenus du pétroles, qui mènent une guerre à mort contre les « croisés », c’est à dire nous, mais aussi contre les yézides, les mandéens, les shabaks, les chiites, etc.

D’un autre, il y a au Kurdistan une volonté d’épuration ethnique, visant à chasser les populations non-kurdes afin de permettre aux autorités régionales semi-autonomes du Kurdistan de prendre le contrôle du gouvernorat de Ninive, de son importante capitale Mossoul et de ses richesse pétrolières. En font les frais les turcomans, les yézides, les assyriens, les shabaks, etc.

Or dans les deux cas, derrière les auteurs des massacres, des attentats et des assassinats, on retrouve des alliés des États-Unis : le gouvernement saoudien dans l’un, le gouvernement kurde dans l’autre, un gouvernement kurde qui est aussi, par ailleurs, étroitement lié à l’État d’Israël.

Comment ne pas en conclure que tout ce qui se passe en Irak, sa destruction comme nation et comme État, sa communautarisation et son démembrement, coïncide tout simplement avec le projet yankee d’un « remodelage du Grand Moyen Orient » autour de petites unités territoriales définies sur des bases religieuses ou ethniques. D’ailleurs c’est si vrai que les agents des USA au sein des minorités religieuses ou ethniques poussent celle-ci a demander une partition de l’Irak qui leur soit aussi favorable. C’est ainsi que s’explique l’appel à la création d'une région autonome pour les minorités, y compris les Chrétiens, dans la province de Ninive, région, comme par hasard riche en pétrole, où les divers groupes minoritaires constitueraient en s’unissant une majorité.

Christian Bouchet : Lors de l’attaque de la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours on a parlé d’une réponse au synode des évêques pour le Moyen-Orient. Qu’en pensez-vous ?

La-Mort-et-Moi.jpgOui, cela s’est dit. Mais, à mon avis, si quelqu’un a répondu ce ne sont pas les islamistes mais les agents d’Israël – les uns et les autres marchant d’ailleurs la main dans la main – furieux que le Synode ait demandé dans sa résolution finale à la communauté internationale, et en particulier à l’ONU, de mettre fin à l’occupation israélienne « de différents territoires arabes » en faisant appliquer les résolutions de l’ONU et qu’il ait dénoncé l’utilisation de la Bible par les sionistes pour justifier leur politique impérialiste.

Christian Bouchet : Je sais que vous êtes amené à intervenir dans tous les pays du Proche-Orient. Comment y est, en réalité, la situation des chrétiens ?

Elle est bonne en Syrie et en Jordanie, normale au Liban, acceptable à Gaza… Ce qui est paradoxal, c’est que les chrétiens subissent les conditions les plus dures dans les deux pays de la région qui sont les plus liés à l’Occident : la Turquie et Israël.

Christian Bouchet : Pour conclure, pourriez-vous me résumer votre pensée en quelques mots ?

Ma pensée, je peux facilement la résumer en reprenant ce que disent nombre de nos anciens, et qu’un Français comme vous (2) a relaté dans un de ses livres : « On peut tout dire de Saddam Hussein, mais il était notre protecteur, et, tant qu’il était au pouvoir, nous avions la certitude de continuer à vivre dans ce pays. Nous étions alors heureux ! Nul n’aurait osé s’en prendre à nos biens et à nos églises. »

Maintenant nous avons la démocratie… Mais celle-ci dans son fonctionnement est pire que votre Troisième république. Tandis que dans les campagnes irakiennes et dans les camps de réfugiés on manque de tout, nos députés se sont partagés 40 millions de dollars en huit mois alors qu’ils n’ont siégé en tout que… 20 minutes !

Nous avons la démocratie, mais dans le même temps on détruit nos Église, on assassine nos prêtres et notre élite, notre pays est démembré, dépecé et vendu aux étrangers…

Nous avons la démocratie, mais on vient de condamner à mort, par pure vengeance politique, Tarek Aziz, un homme qui fut respecté de tous en l’accusant de crimes dont tout le monde sait qu’il est innocent

Alors, cette démocratie, les Américains pouvaient bien la garder pour eux et ne pas nous en faire l’aumône…


Notes

1 – Afin de préserver la sécurité de notre interlocuteur, nous avons modifié son patronyme.
2 – Il s’agit de René Guitton auteur de Ces chrétiens qu’on assassine, Flammarion, 2009.



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